Vins d’Alsace, quelles expressions des rouges de terroir

Vins d’Alsace, quelles expressions des rouges du terroir ?

Lieux de débat du vignoble alsacien, l’Université des grands vins donnait la parole aux Auteurs de vins rouges d’Alsace, sous l’oeil avisé du philosophe Olivier Assouly.

Oliver Assouly déguste les Grands rouges d'Alsace.

Depuis deux ans, le projet de l’Université des grands vins (UGV) qui émane d’un noyau dur de vignerons de terroirs alsaciens, attire à chaque soirée mensuelle des centaines d’amateurs, qui viennent écouter des intervenants de qualité pour élever le débat professionnel.

Ce projet de l’UGV est à l’œuvre pour réaliser son objectif d’universalité et vise à toucher toute la viticulture alsacienne :

faire venir les vignerons afin qu’ils prennent conscience du potentiel de leurs terroirs alsaciens à faire naître de grands vins.

Le 2 novembre, l’UGV a donc changé de braquet en se consacrant pour la première fois à des vins d’Alsace, rouges de terroirs alsaciens, des maisons

  1. Maison Louis Sipp,
  2. Maison André Pfister,
  3. Maison Christian Barthel
  4. Maison Paul Ginglinger
  5. Vins Henri Schoenheitz
  6. Maison Henry Fuchs,
  7. Domaine Agapé – Sipp
  8. Maison Albert Boxler,

parmi un chambolle-musigny du talentueux vigneron bourguignon Bruno Clavelier, le tout sous l’œil avisé de l’universitaire Jacky Rigaux, du philosophe Olivier Assouly, invité d’honneur et conférencier, et des adhérents de l’UGV, venus en nombre.

 

https://cdns.snacktools.net/photosnack/embed_https.html?hash=pdu32ujk6&t=1479393297

Et avec en accompagnement des vins, des fromages choisis et affinés par Jacky Quesnot

Point notoire de la soirée, soulevé par le philosophe, par Bruno Clavelier et par Jacky Rigaux :

la jeune génération de vignerons alsaciens est bien en marche, connaisseuse, passionnée, volontaire et ambitieuse.

Si elle ne dispose pas encore de tous les instruments pour élaborer de grands vins d’émotion, elle en a toute la capacité. Et les vins présentés, élevés en méthode naturelle ou plus classiquement, en sont les prémices.

Ce qui a occasionné des débats respectueux sur la densité de plantation, la qualité du matériel végétal, les méthodes de cuvaison, en raisin non égrappés ou pas, avec ou sans soufre ajouté. Et en particulier sur le niveau de maturité physiologique à obtenir avant vendange.
Autre enseignement de la soirée : la dégustation de ces rouges d’Alsace a mis en évidence toute la diversité des géologies alsaciennes, entre les granites, argilo-calcaires, les grès ou les schistes…

Le collectif de l’UGV avait d’ailleurs pris soin de classer les vins par couple :

de manière à bien distinguer l’effet des dimensions gustatives induites par ces génétiques géologiques : des vins ressentis comme étant plutôt sphériques et centrés dans la bouche, et des vins perçus comme étant plutôt « verticaux ».

Une manière d’initier à la dégustation géosensorielle,

La dégustation geosensorielle par Jacky Rigaux

qui n’est pas centrée sur les expressions organiques du cépage, ainsi que l’explique Jacky Rigaux, mais sur toutes les dimensions sensorielles : le goût, l’odorat, la vue, mais également le toucher et l’ouïe.

Des dimensions sensorielles exprimées par ailleurs dans les biotopes des terroirs, par la faune et la flore spécifiques, et inféodées à chaque et unique terroir.
Cependant, les correspondances sensorielles entre les expressions botanique et faunistique du lieu, et le vin, n’ont ni de support, ni d’explication scientifique.

Ce lien trouve en revanche une certaine compréhension dans l’approche anthroposophique, dont Rudolf Steiner est d’auteur. https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Anthroposophie
C’était le propos préliminaire à cette dégustation, tenu par Olivier Assouly, lequel ne s’est pas posé en juge arbitre pour ou contre ce que certains, appellent la supercherie anthroposophique, comme le philosophe Michel Onfray.

mais en proposant une explication historique aux propos de Rudolf Steiner dans son « cours aux agriculteurs » de 1924.
Debat Onfray-Assouly pour-une-psychanalyse-de-l-agriculture-moderne_1331787

L’approche anthroposophique vise en particulier à émanciper les paysans et leurs fermes, de toutes formes d’aliénations techniques, politiques, d’où le concept de ferme autarcique en tant qu’organisme vivant. Ce qui pose en soi la question de la codification des productions, et donc de la production sous cahier des charges d’appellation : un débat philosophique ouvert et respectueux s’est alors ouvert à l’UGV faisant appel à des références telles que Gaston Bachelard, Michel Serre, Sir Albert Howard ou Ivan Illich.

 

David Lefebvre, journaliste, L’Est agricole et viticole 0683 450 850

Advertisements

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s